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Sorite Grand Large
Baleines, orques et dauphins du golfe de Gascogne : au cœur du canyon du Cap Ferret
Baleines, orques et dauphins du golfe de Gascogne : au cœur du canyon du Cap Ferret
Le golfe de Gascogne est un des grands lieux d'observation des mammifères marins. Au large du Bassin d'Arcachon, plein ouest, le plateau continental s'effondre d'un coup dans une entaille sous-marine : le canyon du Cap Ferret ; qui fait remonter les eaux profondes à quelques encablures de la côte.

C'est là que commence la sortie Grand Large : une journée entière en mer, vers ce qui transite par ce couloir entre surface et abysses. Dauphins et voyageurs du large, orques de passage, et parfois les plus grandes baleines de la planète. Rien n'est jamais garanti. C'est précisément ce qui rend chaque sortie précieuse.
Le canyon du Cap Ferret : la porte vers les grands fonds

Crédits : Xavier Durrieu de Madron
Depuis la Bretagne jusqu'à l'Aquitaine, le plateau continental du golfe de Gascogne se resserre peu à peu. Large de 160 kilomètres au nord, une entaille sous-marine vient se dessiner jusqu'à environ 3 200 mètres de profondeur : le canyon du Cap Ferret. Il prolonge, plus au sud, le système du gouf de Capbreton — les deux canyons ont d'ailleurs été cartographiés ensemble par l'Ifremer, dans le cadre des campagnes CoralFISH et SARGASS, comme un seul et même système.
Il faut naviguer très loin pour atteindre ces grands fonds. Les courants profonds, chargés de nutriments, sont brassés vers la surface, créant un phénomène d'upwelling qui transforme durablement la zone en garde-manger. Poissons pélagiques et céphalopodes s'y concentrent, et avec eux, leurs prédateurs.
C'est ce mécanisme, plus que le hasard, qui explique en grande partie la richesse du golfe de Gascogne : on estime qu'un quart des espèces de cétacés recensées dans le monde y ont été observées. Le canyon du Cap Ferret n'est pas un simple point sur la carte des sorties Grand Large, c'est la raison géologique pour laquelle elles ont un sens.
Les dauphins du golfe de Gascogne

Avant même d'atteindre le canyon, le trajet traverse les eaux où vivent les dauphins les plus familiers du golfe, et ceux qu'on ne croise qu'au large.
Le grand dauphin, deux populations en une
Le grand dauphin est le plus connu : silhouette massive, comportement curieux, sauts fréquents à l'étrave. Le Bassin d'Arcachon est d'ailleurs l'un des lieux en France où la population de grands dauphins côtiers reste à déterminer. Mais pour autant, on estime qu'il pourrait exister un second écotype, plus massif et bien plus rarement observé, qui évolue au large, parfois à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. C'est celui-ci, l'écotype hauturier, que la sortie Grand Large permet d'approcher.
Le dauphin commun, le plus répandu du golfe
Le dauphin commun est l'espèce la plus représentée sur l'ensemble du golfe de Gascogne. Reconnaissable à ses flancs sablés dessinant un huit, il navigue en groupes joueurs et nombreux, et n'hésite pas à venir surfer sur l'étrave.
Le dauphin bleu et blanc
Le dauphin bleu et blanc fréquente des eaux plus océaniques que ses cousins côtiers. Grégaire et rapide, il forme parfois de grands bancs mêlés à d'autres espèces, une des rencontres les plus denses du large.
Le dauphin de Risso
Le dauphin de Risso se reconnaît entre tous : robe claire, griffée de cicatrices blanches accumulées au fil de ses chasses aux calmars, tête haute et arrondie, sans bec. Il est étroitement associé aux zones de canyon et de talus continental, précisément le type de relief qu'offre le canyon du Cap Ferret.
Le globicéphale noir
Le globicéphale noir referme la famille des delphinidés du golfe. C'est en réalité le deuxième plus grand dauphin du monde, juste après l'orque. Grégaire et plongeur profond, il chasse lui aussi le calmar dans les eaux du talus continental, en groupes soudés sur plusieurs générations.
L'orque, la plus rare des visiteuses : une recherche menée avec One ocean

Croiser une orque dans le golfe de Gascogne n'a rien d'anecdotique. Les individus observés au large de nos côtes ne sont pas une population locale : ce sont des voyageuses, venues du détroit de Gibraltar, à plus de 1 700 kilomètres de là.
Cette sous-population, dite du détroit de Gibraltar, est classée en danger critique d'extinction par l'UICN. Mathieu, fondateur d'Au-delà du Bassin, a également contribué à la création du programme scientifique de l'association scientifique One ocean, aux côtés de laquelle il documente la présence de ces orques dans le golfe de Gascogne. Une étude co-signée avec des chercheurs français, espagnols et portugais, publiée en 2024 dans la revue Marine Mammal Science, a recensé 34 observations le long de la façade atlantique française entre 2003 et 2023, plusieurs d'entre elles au large du Cap Ferret. Onze individus ont pu être identifiés par photo-identification, à partir de la forme et des marques de leur nageoire dorsale ; huit ont été reconnus dans les catalogues ibériques, confirmant leur appartenance à la population du détroit de Gibraltar : https://doi.org/10.1111/mms.13207
Pourquoi viennent-elles d'aussi loin ? Tout indique qu'elles suivent le thon rouge, dont la migration post-reproduction traverse le golfe de Gascogne entre juillet et novembre. La grande majorité des observations se concentre sur cette période, nous sommes précisément dans la fenêtre où les orques remontent vers nos eaux.
Rien ne garantit une rencontre : ce sont des animaux rares, mobiles, difficiles à prévoir. Mais chaque sortie Grand Large, avec ou sans observation directe, s'inscrit dans ce travail de suivi d'une des populations de cétacés les plus menacées d'Europe.
Les baleines : un passage, pas une présence

Pourquoi les baleines ne s'installent pas dans le golfe de Gascogne
Le golfe de Gascogne appartient à un vaste couloir de migration qui longe la façade atlantique européenne, de l'Irlande au cap Finisterre. Les grands rorquals y sont recensés surtout en été et à l'automne, quand une partie de la population nord-atlantique, plusieurs milliers d'individus, chemine entre ses zones d'alimentation et des eaux plus chaudes.
Mais le mot « migration » cache une réalité plus incertaine qu'il n'y paraît : le schéma complet de déplacement du rorqual commun, la baleine la plus régulièrement observée ici, n'est à ce jour pas entièrement compris par la science. Certains individus prolongent leur séjour dans des eaux tempérées tant que la nourriture y reste abondante, plutôt que de suivre un calendrier fixe.
Ce que l'on sait avec plus de certitude, c'est que la richesse du golfe de Gascogne n'est pas uniforme : elle se concentre sur les canyons et la rupture du plateau continental, là où les eaux profondes remontent en surface et concentrent la nourriture. Cette abondance est réelle, mais localisée et saisonnière, elle attire les baleines de passage sans les retenir. Le canyon du Cap Ferret fonctionne ainsi comme une escale, un point de ravitaillement sur une route bien plus longue, pas comme un territoire. Les baleines qui le traversent suivent leurs proies, pas une carte figée.
Voici les cinq espèces les plus communes que la sortie Grand Large permet de croiser sur cette route.
Le rorqual commun
Le rorqual commun est le deuxième plus grand animal de la planète après la baleine bleue, et la baleine la plus régulièrement croisée dans le golfe de Gascogne, on estime à environ 8 000 le nombre d'individus fréquentant cette façade atlantique. On l'observe surtout en été et à l'automne, au niveau des ruptures de pente où le plateau continental cède brutalement la place aux profondeurs : exactement la configuration du canyon du Cap Ferret.
Le grand cachalot
Le grand cachalot est le plus grand prédateur à dents du monde, et l'un des plongeurs les plus extrêmes du règne animal : capable de descendre à plus de 2 000 mètres de profondeur en quête de calmars, lors de chasses en apnée pouvant approcher l'heure. Sa présence est intimement liée aux canyons sous-marins, qui lui offrent un accès direct à ses zones de chasse sans avoir à s'aventurer des heures durant vers le large.
Le petit rorqual
Plus discret, le petit rorqual est le plus petit des rorquals présents dans le golfe de Gascogne. Rapide, jusqu'à 30 km/h, et curieux, il s'approche parfois des bateaux, mais son souffle bas et sa dorsale fugace en font une rencontre qui demande de l'œil.
La baleine à bosse
La baleine à bosse reste une rencontre rare dans le golfe de Gascogne, assez rare pour faire l'actualité régionale à chaque nouvelle observation. Reconnaissable à ses longues nageoires pectorales et à sa curiosité naturelle envers les bateaux, elle appartient à une population encore fragile, protégée sur l'ensemble de son aire de répartition.
La baleine à bec de Cuvier
La baleine à bec de Cuvier n'est pas vraiment une baleine : c'est un cétacé à dents, seul représentant de son genre. C'est aussi, toutes espèces confondues, l'un des plus grands champions d'apnée chez les mammifères marins : près de 3 000 mètres de profondeur et plus de trois heures sans respirer, un record connu. Elle ne fréquente que les abords des canyons et des talus continentaux, là où l'eau plonge rapidement au-delà de 1 000 mètres, l'une des raisons pour lesquelles le canyon du Cap Ferret mérite d'être exploré avec patience.
Pourquoi partir en sortie Grand Large

La sortie Grand Large n'est pas une balade en mer : c'est une expédition d'une journée entière, pensée pour atteindre ce que la côtière ne permet pas d'approcher, le talus continental, la rupture du plateau, le canyon du Cap Ferret et ses grands fonds marins.
Huit à dix heures de navigation, un naturaliste à bord, huit places au maximum. Le temps d'observer sans presser la rencontre, de tenir un cap vers les grands fonds, et de laisser la mer montrer, ou non, ce qu'elle a à montrer ce jour-là.
« le safari baleines sans prendre l'avion » : la comparaison n'est pas anodine. Le golfe de Gascogne concentre, à quelques encablures du Bassin d'Arcachon, une diversité de cétacés que beaucoup vont chercher à l'autre bout du monde.
C'est aussi une contribution directe au suivi scientifique mené avec One ocean : chaque cliché pris à bord, chaque observation notée, vient nourrir la connaissance du golfe de Gascogne et de ses espèces les plus menacées.
Questions fréquentes
Peut-on voir des baleines au départ du Bassin d'Arcachon ? Oui, mais jamais à la demande. Le golfe de Gascogne est traversé chaque été et automne par plusieurs espèces de grandes baleines, en particulier le rorqual commun. Leur présence dépend de la saison, de la météo et du hasard des rencontres, c'est précisément ce que la sortie Grand Large propose d'aller chercher, sans rien promettre.
Qu'est-ce que le canyon du Cap Ferret ? C'est une entaille sous-marine du plateau continental, au large du Basin d'Arcachon, qui plonge jusqu'à environ 3 200 mètres de profondeur. Cartographié par l'Ifremer dans le prolongement du gouf de Capbreton, il fait remonter les eaux profondes près de la côte et concentre une grande partie de la vie marine du secteur.
Quelle est la meilleure période pour observer des orques dans le golfe de Gascogne ? Les observations se concentrent entre juillet et novembre, quand les orques du détroit de Gibraltar remontent en suivant la migration du thon rouge. C'est un phénomène documenté par la recherche scientifique, mais rare : les rencontres restent exceptionnelles.
Combien de temps dure une sortie Grand Large ? Entre huit et dix heures en mer, au départ d'Arcachon, jusqu'aux zones de grands fonds du golfe de Gascogne.
Le golfe de Gascogne ne se donne jamais à la demande. Mais il se laisse découvrir, une sortie à la fois.
Baleines, orques et dauphins du golfe de Gascogne : au cœur du canyon du Cap Ferret
Le golfe de Gascogne est un des grands lieux d'observation des mammifères marins. Au large du Bassin d'Arcachon, plein ouest, le plateau continental s'effondre d'un coup dans une entaille sous-marine : le canyon du Cap Ferret ; qui fait remonter les eaux profondes à quelques encablures de la côte.

C'est là que commence la sortie Grand Large : une journée entière en mer, vers ce qui transite par ce couloir entre surface et abysses. Dauphins et voyageurs du large, orques de passage, et parfois les plus grandes baleines de la planète. Rien n'est jamais garanti. C'est précisément ce qui rend chaque sortie précieuse.
Le canyon du Cap Ferret : la porte vers les grands fonds

Crédits : Xavier Durrieu de Madron
Depuis la Bretagne jusqu'à l'Aquitaine, le plateau continental du golfe de Gascogne se resserre peu à peu. Large de 160 kilomètres au nord, une entaille sous-marine vient se dessiner jusqu'à environ 3 200 mètres de profondeur : le canyon du Cap Ferret. Il prolonge, plus au sud, le système du gouf de Capbreton — les deux canyons ont d'ailleurs été cartographiés ensemble par l'Ifremer, dans le cadre des campagnes CoralFISH et SARGASS, comme un seul et même système.
Il faut naviguer très loin pour atteindre ces grands fonds. Les courants profonds, chargés de nutriments, sont brassés vers la surface, créant un phénomène d'upwelling qui transforme durablement la zone en garde-manger. Poissons pélagiques et céphalopodes s'y concentrent, et avec eux, leurs prédateurs.
C'est ce mécanisme, plus que le hasard, qui explique en grande partie la richesse du golfe de Gascogne : on estime qu'un quart des espèces de cétacés recensées dans le monde y ont été observées. Le canyon du Cap Ferret n'est pas un simple point sur la carte des sorties Grand Large, c'est la raison géologique pour laquelle elles ont un sens.
Les dauphins du golfe de Gascogne

Avant même d'atteindre le canyon, le trajet traverse les eaux où vivent les dauphins les plus familiers du golfe, et ceux qu'on ne croise qu'au large.
Le grand dauphin, deux populations en une
Le grand dauphin est le plus connu : silhouette massive, comportement curieux, sauts fréquents à l'étrave. Le Bassin d'Arcachon est d'ailleurs l'un des lieux en France où la population de grands dauphins côtiers reste à déterminer. Mais pour autant, on estime qu'il pourrait exister un second écotype, plus massif et bien plus rarement observé, qui évolue au large, parfois à plusieurs centaines de kilomètres des côtes. C'est celui-ci, l'écotype hauturier, que la sortie Grand Large permet d'approcher.
Le dauphin commun, le plus répandu du golfe
Le dauphin commun est l'espèce la plus représentée sur l'ensemble du golfe de Gascogne. Reconnaissable à ses flancs sablés dessinant un huit, il navigue en groupes joueurs et nombreux, et n'hésite pas à venir surfer sur l'étrave.
Le dauphin bleu et blanc
Le dauphin bleu et blanc fréquente des eaux plus océaniques que ses cousins côtiers. Grégaire et rapide, il forme parfois de grands bancs mêlés à d'autres espèces, une des rencontres les plus denses du large.
Le dauphin de Risso
Le dauphin de Risso se reconnaît entre tous : robe claire, griffée de cicatrices blanches accumulées au fil de ses chasses aux calmars, tête haute et arrondie, sans bec. Il est étroitement associé aux zones de canyon et de talus continental, précisément le type de relief qu'offre le canyon du Cap Ferret.
Le globicéphale noir
Le globicéphale noir referme la famille des delphinidés du golfe. C'est en réalité le deuxième plus grand dauphin du monde, juste après l'orque. Grégaire et plongeur profond, il chasse lui aussi le calmar dans les eaux du talus continental, en groupes soudés sur plusieurs générations.
L'orque, la plus rare des visiteuses : une recherche menée avec One ocean

Croiser une orque dans le golfe de Gascogne n'a rien d'anecdotique. Les individus observés au large de nos côtes ne sont pas une population locale : ce sont des voyageuses, venues du détroit de Gibraltar, à plus de 1 700 kilomètres de là.
Cette sous-population, dite du détroit de Gibraltar, est classée en danger critique d'extinction par l'UICN. Mathieu, fondateur d'Au-delà du Bassin, a également contribué à la création du programme scientifique de l'association scientifique One ocean, aux côtés de laquelle il documente la présence de ces orques dans le golfe de Gascogne. Une étude co-signée avec des chercheurs français, espagnols et portugais, publiée en 2024 dans la revue Marine Mammal Science, a recensé 34 observations le long de la façade atlantique française entre 2003 et 2023, plusieurs d'entre elles au large du Cap Ferret. Onze individus ont pu être identifiés par photo-identification, à partir de la forme et des marques de leur nageoire dorsale ; huit ont été reconnus dans les catalogues ibériques, confirmant leur appartenance à la population du détroit de Gibraltar : https://doi.org/10.1111/mms.13207
Pourquoi viennent-elles d'aussi loin ? Tout indique qu'elles suivent le thon rouge, dont la migration post-reproduction traverse le golfe de Gascogne entre juillet et novembre. La grande majorité des observations se concentre sur cette période, nous sommes précisément dans la fenêtre où les orques remontent vers nos eaux.
Rien ne garantit une rencontre : ce sont des animaux rares, mobiles, difficiles à prévoir. Mais chaque sortie Grand Large, avec ou sans observation directe, s'inscrit dans ce travail de suivi d'une des populations de cétacés les plus menacées d'Europe.
Les baleines : un passage, pas une présence

Pourquoi les baleines ne s'installent pas dans le golfe de Gascogne
Le golfe de Gascogne appartient à un vaste couloir de migration qui longe la façade atlantique européenne, de l'Irlande au cap Finisterre. Les grands rorquals y sont recensés surtout en été et à l'automne, quand une partie de la population nord-atlantique, plusieurs milliers d'individus, chemine entre ses zones d'alimentation et des eaux plus chaudes.
Mais le mot « migration » cache une réalité plus incertaine qu'il n'y paraît : le schéma complet de déplacement du rorqual commun, la baleine la plus régulièrement observée ici, n'est à ce jour pas entièrement compris par la science. Certains individus prolongent leur séjour dans des eaux tempérées tant que la nourriture y reste abondante, plutôt que de suivre un calendrier fixe.
Ce que l'on sait avec plus de certitude, c'est que la richesse du golfe de Gascogne n'est pas uniforme : elle se concentre sur les canyons et la rupture du plateau continental, là où les eaux profondes remontent en surface et concentrent la nourriture. Cette abondance est réelle, mais localisée et saisonnière, elle attire les baleines de passage sans les retenir. Le canyon du Cap Ferret fonctionne ainsi comme une escale, un point de ravitaillement sur une route bien plus longue, pas comme un territoire. Les baleines qui le traversent suivent leurs proies, pas une carte figée.
Voici les cinq espèces les plus communes que la sortie Grand Large permet de croiser sur cette route.
Le rorqual commun
Le rorqual commun est le deuxième plus grand animal de la planète après la baleine bleue, et la baleine la plus régulièrement croisée dans le golfe de Gascogne, on estime à environ 8 000 le nombre d'individus fréquentant cette façade atlantique. On l'observe surtout en été et à l'automne, au niveau des ruptures de pente où le plateau continental cède brutalement la place aux profondeurs : exactement la configuration du canyon du Cap Ferret.
Le grand cachalot
Le grand cachalot est le plus grand prédateur à dents du monde, et l'un des plongeurs les plus extrêmes du règne animal : capable de descendre à plus de 2 000 mètres de profondeur en quête de calmars, lors de chasses en apnée pouvant approcher l'heure. Sa présence est intimement liée aux canyons sous-marins, qui lui offrent un accès direct à ses zones de chasse sans avoir à s'aventurer des heures durant vers le large.
Le petit rorqual
Plus discret, le petit rorqual est le plus petit des rorquals présents dans le golfe de Gascogne. Rapide, jusqu'à 30 km/h, et curieux, il s'approche parfois des bateaux, mais son souffle bas et sa dorsale fugace en font une rencontre qui demande de l'œil.
La baleine à bosse
La baleine à bosse reste une rencontre rare dans le golfe de Gascogne, assez rare pour faire l'actualité régionale à chaque nouvelle observation. Reconnaissable à ses longues nageoires pectorales et à sa curiosité naturelle envers les bateaux, elle appartient à une population encore fragile, protégée sur l'ensemble de son aire de répartition.
La baleine à bec de Cuvier
La baleine à bec de Cuvier n'est pas vraiment une baleine : c'est un cétacé à dents, seul représentant de son genre. C'est aussi, toutes espèces confondues, l'un des plus grands champions d'apnée chez les mammifères marins : près de 3 000 mètres de profondeur et plus de trois heures sans respirer, un record connu. Elle ne fréquente que les abords des canyons et des talus continentaux, là où l'eau plonge rapidement au-delà de 1 000 mètres, l'une des raisons pour lesquelles le canyon du Cap Ferret mérite d'être exploré avec patience.
Pourquoi partir en sortie Grand Large

La sortie Grand Large n'est pas une balade en mer : c'est une expédition d'une journée entière, pensée pour atteindre ce que la côtière ne permet pas d'approcher, le talus continental, la rupture du plateau, le canyon du Cap Ferret et ses grands fonds marins.
Huit à dix heures de navigation, un naturaliste à bord, huit places au maximum. Le temps d'observer sans presser la rencontre, de tenir un cap vers les grands fonds, et de laisser la mer montrer, ou non, ce qu'elle a à montrer ce jour-là.
« le safari baleines sans prendre l'avion » : la comparaison n'est pas anodine. Le golfe de Gascogne concentre, à quelques encablures du Bassin d'Arcachon, une diversité de cétacés que beaucoup vont chercher à l'autre bout du monde.
C'est aussi une contribution directe au suivi scientifique mené avec One ocean : chaque cliché pris à bord, chaque observation notée, vient nourrir la connaissance du golfe de Gascogne et de ses espèces les plus menacées.
Questions fréquentes
Peut-on voir des baleines au départ du Bassin d'Arcachon ? Oui, mais jamais à la demande. Le golfe de Gascogne est traversé chaque été et automne par plusieurs espèces de grandes baleines, en particulier le rorqual commun. Leur présence dépend de la saison, de la météo et du hasard des rencontres, c'est précisément ce que la sortie Grand Large propose d'aller chercher, sans rien promettre.
Qu'est-ce que le canyon du Cap Ferret ? C'est une entaille sous-marine du plateau continental, au large du Basin d'Arcachon, qui plonge jusqu'à environ 3 200 mètres de profondeur. Cartographié par l'Ifremer dans le prolongement du gouf de Capbreton, il fait remonter les eaux profondes près de la côte et concentre une grande partie de la vie marine du secteur.
Quelle est la meilleure période pour observer des orques dans le golfe de Gascogne ? Les observations se concentrent entre juillet et novembre, quand les orques du détroit de Gibraltar remontent en suivant la migration du thon rouge. C'est un phénomène documenté par la recherche scientifique, mais rare : les rencontres restent exceptionnelles.
Combien de temps dure une sortie Grand Large ? Entre huit et dix heures en mer, au départ d'Arcachon, jusqu'aux zones de grands fonds du golfe de Gascogne.
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